FRANÇAIS

Frédéric et Lisette

DANSK

Frits og Lise


Il était une fois un homme qui s'appelait Frédéric et une femme qui s'appelait Lisette. Ils s'étaient mariés et vivaient ensemble en jeune ménage. Un jour, Frédéric dit:
- Lisette, je m'en vais aux champs, et quand je rentrerai, il faudra qu'il y ait sur la table quelque chose de rôti à manger et quelque chose de frais pour apaiser ma soif.
- Va donc, Frédéric, répondit Lisette, va, je te préparerai ça comme tu veux.
Et quand l'heure du repas approcha, elle sortit une saucisse de la cheminée, la mit dans une poêle à frire, ajouta du beurre et posa la poêle sur le feu. La saucisse commença à griller et à grésiller, Lisette tenait le manche de la poêle et était perdue dans ses pensées. Soudain elle se dit: « Le temps que la saucisse soit prête, je pourrais aller à la cave chercher à boire. » Elle lâcha donc le manche de la poêle, prit un pot, descendit à la cave et se mit à tirer la bière. La bière coulait dans le pot, Lisette la regardait couler et elle se dit soudain: « Holà! le chien n'est pas attaché, en haut, il ne manquerait plus qu'il aille voler la saucisse dans la poêle! » Et en un clin d'œil, elle fut remontée de la cave, mais le coquin tenait déjà la saucisse entre ses dents et s'en allait en la traînant derrière lui sur le sol. Lisette s'élança à sa poursuite aussi sec et le pourchassa un bon bout de chemin dans les champs. Mais le chien était plus rapide qu'elle, et il ne lâcha pas non plus la saucisse, qui bondissait à sa suite à travers champs.
« Ce qui est parti est parti! », se dit Lisette. Elle fit demi- tour et, comme elle était épuisée d'avoir tant couru, elle marcha tout doucement pour se rafraîchir. Pendant ce temps, dans la cave, la bière continuait de couler du tonneau car Lisette n'avait pas refermé le robinet, et quand le pot fut plein et qu'il n'y eut plus de place dedans, elle continua de couler dans la cave et elle ne s'arrêta que quand le tonneau fut entièrement vide. Lisette vit ce malheur du haut de l'escalier et s'écria: « Mon Dieu! que vas-tu faire maintenant, pour que Frédéric ne s'en rende pas compte? » Elle réfléchit un instant et se souvint soudain qu'il restait encore au grenier, après la dernière kermesse, un sac de belle farine de froment. Elle se dit qu'elle allait monter le chercher et qu'elle pourrait verser la farine dans la bière. « Voilà, se dit-elle, quand on met quelque chose de côté au bon moment, on le retrouve plus tard, quand on en a besoin. » Elle monta au grenier, descendit le sac et le jeta en plein sur le pot de bière, si bien qu'il se renversa et que la boisson de Frédéric rejoignit le reste du flot dans la cave. « Très bien, dit Lisette, qui se ressemble s'assemble », et elle répandit la farine dans toute la cave. Quand elle eut fini, elle dit, très contente d'elle: « Comme c'est propre et net ici, à présent! »
A midi, Frédéric rentra à la maison.
- Alors, femme, que m'as-tu préparé de bon?
- Ah, Frédéric, moi qui voulais te faire griller une saucisse! Mais pendant que je tirais la bière pour boire avec, le chien a volé la saucisse dans la poêle, et pendant que je le poursuivais, toute la bière s'est vidée dans la cave, et quand j'ai voulu éponger la bière avec la farine, en plus j'ai renversé le pot de bière. Mais ne te fâche pas, maintenant, la cave est de nouveau bien sèche.
Frédéric dit:
- Ah, Lisette, Lisette, tu n'aurais pas dû faire ça! Tu as laissé le chien voler la saucisse et le tonneau de bière se vider, et en plus tu verses notre belle farine par-dessus!
- Oui, Frédéric, je ne savais pas, tu aurais dû me le dire avant.
L'homme se dit alors: « S'il en est ainsi avec ta femme, il faudra que tu sois plus sur tes gardes. »
Un jour qu'il avait réuni une somme rondelette en talers, il les fit changer en or et dit à Lisette: « Tu vois, ce sont des petits jaunets*, je vais les mettre dans un pot et les enterrer sous la mangeoire des vaches, dans l'étable. Mais ne t'avises pas de t'en approcher, sinon tu auras des ennuis. » Elle lui répondit: « Non, Frédéric, je me garderai bien de le faire. » Un jour que Frédéric était parti, il passa au village des came- lotiers qui avaient des écuelles et des pots en terre à vendre, et qui demandèrent à la jeune femme si elle n'avait besoin de rien.
- Oh, mes bonnes gens, répondit-elle, je n'ai pas d'argent et je ne peux rien acheter, mais si vous voulez des petits jaunets, je veux bien vous acheter quelque chose.
- Des petits jaunets, pourquoi pas? Faites donc voir.
- Allez dans l'étable et creusez sous la mangeoire des vaches, et vous les trouverez, mais je n'ai pas le droit de vous accompagner.
Les coquins allèrent dans l'étable, creusèrent et trouvèrent de l'or pur. Ils les chargèrent et s'enfuirent avec, en laissant les écuelles et les pots dans la maison. Lisette se dit qu'il fallait qu'elle utilise la nouvelle vaisselle. Comme à présent il n'en manquait pas dans la cuisine, elle défonça le fond de tous les pots et en coiffa les poteaux de la clôture, tout autour de la maison, pour décorer. Quand Frédéric rentra et vit ces ornements, il dit:
- Lisette, qu'as-tu fait?
- Je les ai achetés, Frédéric, avec les petits jaunets qui étaient sous la mangeoire des vaches. Mais moi, je n'y suis pas allée, les camelotiers ont dû les déterrer eux-mêmes.
- Ah, femme, s'exclama Frédéric, qu'as-tu fait là! Ce n'étaient pas des petits jaunets, mais de l'or pur, et c'était toute notre fortune. Tu n'aurais pas dû faire ça.
- Oui, Frédéric, dit-elle, je ne savais pas, tu aurais dû me le dire avant.
Lisette resta là un moment, puis elle dit:
- Écoute, Frédéric, nous allons récupérer notre or en courant à la poursuite des voleurs.
- Alors viens, dit Frédéric, nous allons essayer, mais emporte du beurre et du fromage pour que nous ayons de quoi manger en route.
- Oui, Frédéric, je vais en emporter.
Ils se mirent en route, et comme Frédéric était meilleur marcheur, Lisette marchait derrière lui. « C'est à mon avantage, se disait-elle, quand nous ferons demi-tour, j'aurai un peu d'avance. » Voilà qu'elle arriva à une colline où de profondes ornières étaient creusées de part et d'autre du chemin. « Voyez un peu, dit Lisette, comme ils ont déchiré, épuisé et écrasé cette pauvre terre! Ça ne guérira jamais! » Et elle en avait tant pitié qu'elle prit son beurre et en enduisit les ornières, à droite et à gauche, pour que les roues ne les écrasent pas trop. Et pendant qu'elle se penchait si bas, dans sa charité, un fromage tomba de sa poche et dévala la montagne. Lisette dit alors: « J'ai déjà fait le chemin une fois, je ne redescendrai pas, qu'un autre aille le chercher. » Elle prit donc un deuxième fromage et le fit rouler à la suite du premier. Cependant, comme les fromages ne revenaient pas, elle en fit rouler un troisième en bas de la côte en se disant: « Ils attendent peut-être de la compagnie parce qu'ils n'aiment pas aller tout seuls. » Voyant que les trois ne revenaient pas, elle dit: « Je ne sais pas ce que ça veut dire! Mais le troisième n'a peut-être pas trouvé le chemin et s'est perdu. Je vais envoyer le quatrième pour qu'il leur dise de revenir. » Mais le quatrième ne fit guère mieux que le troisième. Alors Lisette se fâcha et jeta encore le cinquième et le sixième en bas de la côte, et c'étaient les derniers. Elle resta là un moment à tendre l'oreille pour voir s'ils arrivaient, mais comme ils ne venaient toujours pas, elle dit: « Oh, vous en mettez du temps à revenir! On pourrait aussi bien vous envoyer chercher la mort. Vous croyez peut-être que je vais vous attendre encore longtemps? Je vais continuer mon chemin, et vous n'avez qu'à me rattraper, vos jambes sont plus jeunes que les miennes. » Lisette s'en fut et trouva Frédéric, qui s'était arrêté et qui l'avait attendue parce qu'il voulait manger un morceau. « Allons, fais voir un peu ce que tu as emporté. » Elle lui tendit le pain seul.
- Où sont le beurre et le fromage? demanda le mari.
- Ah, Frédéric, lui dit Lisette, avec le beurre, j'ai tartiné les ornières, et les fromages vont bientôt arriver; l'un d'eux est tombé de ma poche, alors j'ai envoyé les autres à sa suite pour qu'ils l'appellent.
Frédéric dit:
- Tu n'aurais pas dû faire ça, Lisette, tartiner le beurre sur le chemin et jeter les fromages en bas de la côte.
- Oui, Frédéric, tu aurais dû me le dire avant.
Ils mangèrent donc tous les deux leur pain sec, puis Frédéric demanda:
- Lisette, as-tu bien pris soin, en partant, de mettre notre maison en sécurité?
- Non, Frédéric, tu aurais dû me le dire avant.
- Alors rentre à la maison et mets-la en sécurité avant que nous allions plus loin. Et prends aussi autre chose à manger, je vais t'attendre ici.
Lisette rebroussa chemin en se disant: « Mon Frédéric veut autre chose à manger, sans doute n'aime-t-il pas le beurre et le fromage, alors je vais emporter un sac de poires séchées et, pour boire, un pichet de vinaigre. » Ensuite, elle verrouilla le battant supérieur de la porte, quant au battant inférieur, elle le sortit de ses gonds et le prit sur son épaule en pensant que quand elle aurait mis la porte en sécurité, la maison le serait aussi. Lisette prit tout son temps pour faire la route et se disait: « Comme ça, Frédéric se reposera plus longtemps. » Quand elle l'eut rejoint, elle lui dit:
- Tiens, Frédéric, voilà la porte de la maison, comme ça tu peux garder la maison toi-même.
- Oh, mon Dieu! dit-il, que ma femme est intelligente! elle sort de ses gonds le battant inférieur de la porte, si bien que n'importe qui peut entrer, et elle verrouille le battant supérieur. Maintenant c'est trop tard pour retourner encore une fois à la maison, mais puisque tu as apporté la porte jusqu'ici, tu n'as qu'à continuer de la porter.
- Je vais porter la porte, Frédéric, mais les poires séchées et la cruche de vinaigre, elles sont trop lourdes pour moi: je vais les accrocher à la porte, elle n'a qu'à les porter, elle.
Ils partirent alors dans la forêt à la recherche des coquins, mais ils ne les trouvèrent pas. Comme il finit par faire sombre, ils grimpèrent dans un arbre pour y passer la nuit. Mais à peine furent-ils en haut qu'ils virent arriver les gars qui emportent ce qui ne veut pas les suivre et qui trouvent les choses avant qu'elles ne soient perdues. Ils s'installèrent justement au pied de l'arbre dans lequel étaient grimpés Frédéric et Lisette, allumèrent un feu et s'apprêtèrent à partager leur butin. Frédéric descendit de l'arbre par-derrière, ramassa des cailloux et remonta avec pour assommer les voleurs. Mais les cailloux n'atteignirent pas leur cible et les coquins s'écrièrent: « Tiens, c'est bientôt le matin, le vent fait tomber les pommes de pin. » Lisette avait toujours la porte sur son épaule, et comme elle pesait si lourd sur son épaule, elle pensa que c'était la faute des poires séchées, et dit:
- Frédéric, il faut que je jette les poires.
- Non, Lisette, répondit-il, pas maintenant, elles nous trahiraient.
- Si, Frédéric, je n'en peux plus, elles sont si lourdes.
- Eh bien, alors fais-le, nom d'un chien!
Les poires séchées dégringolèrent donc entre les branches de l'arbre, et les gars, en bas, dirent: « Ce sont des chiures d'oiseau. » Un peu plus tard, comme la porte continuait de peser lourd, Lisette dit:
- Ah, Frédéric, il faut que je me débarrasse du vinaigre.
- Non, Lisette, surtout pas, cela nous trahirait.
- Si, Frédéric, je n'en peux plus, il pèse si lourd.
- Eh bien, alors fais-le, nom d'un chien!
Elle vida donc le pichet de vinaigre, et il éclaboussa les bandits. Ceux-ci dirent alors: « Voilà déjà la rosée qui tombe. » Lisette finit par se dire: « Serait-ce donc la porte qui m'écrase l'épaule à ce point? » et dit:
- Frédéric, il faut que je jette la porte.
- Non, Lisette, répondit-il, pas maintenant, elle nous trahirait.
- Si, Frédéric, il le faut, elle est si lourde.
- Non, Lisette, tiens-la bien fort.
- Ah, Frédéric, ça y est, je la lâche!
- Eh bien, répondit Frédéric d'un air contrarié, laisse la tomber alors, que diable!
La porte tomba donc avec un grand fracas, et les gars en bas s'écrièrent: « C'est le diable qui descend de l'arbre! » Ils prirent leurs jambes à leur cou en abandonnant tout sur place. Au petit matin, quand les deux descendirent de l'arbre, ils retrouvèrent tout leur or et le rapportèrent chez eux.
Quand ils furent de nouveau chez eux, Frédéric dit:
- Lisette, maintenant, il faut que tu sois travailleuse et que tu ne chômes pas.
- Oui, Frédéric, je vais le faire, je vais aller aux champs et couper du blé.
Quand elle fut dans le champ, elle se parla à elle-même: « Est-ce que je mange avant de couper le blé, ou est-ce que je dors avant de couper le blé? Tiens, je vais plutôt manger! » Lisette mangea donc, et quand elle eut mangé, le sommeil commença à la gagner. Elle se mit à couper le blé et, dans un demi-sommeil, elle coupa tous ses habits en deux, son tablier, sa jupe et sa chemise. Quand elle se réveilla, après avoir dormi un long moment, elle était à demi-nue et se dit à elle- même: « Est-ce moi, ou n'est-ce pas moi? Ah, non, ce n'est pas moi! »
Entre temps, la nuit était tombée, et Lisette courut au village, frappa à la fenêtre de son mari et appela:
- Frédéric?
- Qu'est-ce qu'il y a?
- Je voudrais savoir si Lisette est à la maison.
- Oui, oui, répondit Frédéric, elle doit déjà être couchée et dormir.
Elle dit alors: « Parfait, alors je suis déjà à la maison », et partit en courant.
À l'extérieur du village, Lisette rencontra des coquins qui voulaient voler quelqu'un. Elle vint à leur hauteur et leur dit: « Je vais vous aider. » Les coquins crurent qu'elle connaissait le village et s'en félicitèrent. Lisette marcha vers les maisons en criant: « Ohé, les gens, vous avez quelque chose? Nous voulons vous voler! » Les coquins pensèrent: « Ça promet! » et souhaitèrent être débarrassés de Lisette au plus vite. Ils lui dirent donc: « Là-bas, à l'entrée du village, le pasteur a des raves dans son champ. Va donc nous arracher des raves. » Lisette se rendit dans le champ et se mit à arracher des raves, mais elle était si paresseuse qu'elle ne se redressait pas complètement. Il se trouva qu'un homme passait par là. Il vit cela et s'arrêta, croyant que c'était le diable qui fouillait ainsi dans le champ de raves. Il courut au village, chez le pasteur, et lui dit:
- Monsieur le Pasteur, le diable est là-bas, dans votre champ, en train d'arracher des raves.
- Ah, mon Dieu, répondit le Pasteur, je ne peux pas aller le chasser, j'ai un pied paralysé.
L'homme lui dit alors: « Je vais vous porter sur mon dos », et il le porta dehors. Et quand ils arrivèrent à la hauteur du champ, Lisette se mit en route et se dressa de toute sa taille. « Ah, c'est le diable! », hurla le pasteur, et les deux s'empressèrent de décamper. Et le pasteur avait si peur qu'avec son pied paralysé, il courait plus droit que l'homme qui l'avait porté sur son dos, avec ses deux jambes valides.
Der var engang en mand og en kone, som hed Frits og Lise. En dag sagde Frits til sin kone: "Jeg går nu lidt ud i marken. Sørg for at have noget god mad til mig, når jeg kommer hjem." - "Gå du kun, lille Frits," svarede hun, "du skal nok blive tilfreds med mig." Da spisetiden nærmede sig, tog hun en pølse ned fra skorstenen, lagde den på en pande med smør og satte det over ilden. Pølsen sydede og brasede, og Lise stod og holdt på skaftet af panden, helt hensunken i sine egne tanker. Pludselig faldt det hende ind, at pølsen jo i grunden godt kunne stå og stege videre, mens hun gik ned i kælderen og tappede øl. Hun tog altså en kande og gik ned ad trappen, men lige da hun var begyndt at tappe, blev hun bange for, at hunden deroppe skulle snappe pølsen, og en, to, tre fløj hun op ad trappen. Men det var for sent. Spids havde allerede pølsen i munden og slæbte af sted med den. Lise var ikke sen, hun løb efter hunden, helt ud over marken, men den var hurtigere end hun og sprang af sted med pølsen i munden. "Borte er borte," tænkte Lise og vendte om, og da hun havde løbet sig træt, gik hun ganske langsomt hjem. Imidlertid løb øllet stadig ud af tønden, for Lise havde ikke drejet hanen om, og da kanden var fuld, løb det ud på gulvet, lige til tønden var helt tom. Lise så allerede på trappen, hvad der var sket. "Hvad skal jeg nu gøre, for at Frits ikke skal mærke det," tænkte hun. Da hun havde tænkt frem og tilbage i nogen tid kom hun til at huske på, at der oppe på loftet stod en sæk fint hvedemel, den ville hun tage ned og strø melet over øllet. "Ja, sådan er det," tænkte hun, "spar i tide, så skal ej nød du lide." Derpå gik hun op på loftet, bar sækken ned og kastede den lige over ølkanden, så den væltede, og alt Frits' øl flød ud over gulvet. "Det var ret," tænkte hun, "har du ædt fisken, kan du æde sennepen med." Derpå strøede hun melet over hele gulvet, og da hun var færdig var hun helt glad og stolt over så pænt og rent, der så ud.

Ved middagstid kom Frits hjem. "Nå, hvad har du så til mig, lille kone?" spurgte han. "Ja, jeg ville jo have stegt dig en pølse, Fritsemand," svarede hun, "men medens jeg tappede øl, snappede hunden pølsen, og mens jeg så løb efter den, rendte alt øllet ud, og da jeg ville tørre op med hvedemel, kom jeg til at vælte kanden med dit øl, men du skal ikke være ked af det, kælderen er allerede tør igen." - "Lise, Lise," svarede Frits og rystede på hovedet, "det skulle du ikke have gjort. Først lader du hunden snappe pølsen og alt vores gode øl løbe ud, og så spilder du oven i købet det fine, dyre mel." - "Ja, ja, lille Frits," svarede konen, "det måtte du virkelig have sagt mig. Det kunne jeg da umuligt vide."

"Når jeg har sådan en kone, er det nok bedst, jeg passer bedre på en anden gang," tænkte Frits. Han havde samlet en ganske køn slump penge sammen i sølv, dem vekslede han nu i guld og sagde til Lise: "Kan du se alle de små guldspurve? Dem lægger jeg i en krukke og graver dem ned ude i stalden. Men jeg vil råde dig til at holde fingrene af fadet." - "Jeg skal såmænd ikke røre dem, lille Frits," svarede hun, og derpå gik han. Mens hun nu var alene hjemme, kom der to bissekræmmere, som ville sælge lerfade og krukker. "Jeg har ingen penge," svarede Lise, "men hvis I kan bruge guldspurve, så vil jeg nok have noget." - "Ja, hvorfor ikke, lad os se på dem," svarede de. "Gå så ud i stalden og grav under krybben," sagde Lise, "så finder I det nok, men jeg tør ikke gå med jer." Gavtyvene gik derud, og da de fandt guldet, stak de af og lod krukker og fade i stikken. Lise syntes, at det var synd ikke at bruge alle de nye ting, og da der var mere end nok i køkkenet, slog hun bunden ud på alle krukkerne og hængte dem til pynt på gærdestavene udenfor huset. Da Frits kom hjem og så det, spurgte han: "Hvad har du nu gjort, Lise?" - "Jeg har købt det altsammen for guldspurvene ude i stalden," svarede hun, "men jeg har ikke taget noget af krukken, jeg lod bissekræmmerne selv gå ud og grave det op." - "Herregud, Lise," sagde Frits, hvordan er det dog, du bærer dig ad? Det var jo ikke guldspurve, men det pure guld, alt hvad vi ejede." - "Ja, lille Frits," svarede hun, "men det måtte du virkelig have sagt mig, ellers kunne jeg da ikke vide det."

Lise stod nu og tænkte sig lidt om, så sagde hun: "Hør, Frits, vi skal nok få vores guld igen. Lad os løbe efter tyvene." - "Ja, kom så," svarede Frits, "men lad os tage noget smør og ost med, så vi har noget at leve af på vejen." De begav sig nu af sted, og da Frits var raskest til bens, sakkede Lise agterud. "Det er en ren fordel," tænkte hun, "når vi så skal hjem er det mig, som har forspring." De kom nu til et bjerg, hvor der på begge sider af vejen var dybe hjulspor. "Nej, se bare, hvor de har revet og flået i den stakkels jord," tænkte Lise, "den bliver såmænd aldrig i sine levedage hel igen." Hun bukkede sig ned for at stryge smørret på hjulsporene, så hjulene kunne gå lettere, og derved faldt der en ost ud af hendes lomme og trillede ned ad bjerget. "Den vej går jeg ikke en gang til," tænkte hun, "det er bedst, en af de andre render ned efter den," og derpå tog hun en anden ost og kastede den ned ad bjerget. Men de kom ikke igen, og hun kastede da en tredie ost derned. "Måske holder de ikke så meget af at gå alene," tænke hun, og da heller ingen af de tre viste sig igen, rullede hun den fjerde ned til dem. "Det er noget løjerligt noget," tænkte hun, "men det kan jo være, at den sidste er faret vild." Til sidst blev hun gal i hovedet og kastede både den femte og den sjette derned, og så havde hun ikke flere. En tid lang blev hun stående og ventede, men da der stadig ikke kom nogen, tænkte hun: "I er gode at sende af sted efter døden, for I bliver så rart længe borte, men tror I, jeg gider stå og vente på jer. Nu går jeg, så kan I komme bagefter, I har yngre ben end jeg." Hun gik videre, og nogen tid efter nåede hun Frits, som stod og ventede på hende, fordi han gerne ville have noget at spise. "Lad mig nu få noget af det, du har med," sagde han, og hun rakte ham et stykke tørt brød. "Hvor er smørret og osten?" spurgte han. "Smørret har jeg såmænd smurt i hjulsporene, lille Frits," svarede hun, "men ostene kommer nok snart. Jeg tabte den ene, og så sendte jeg de andre af sted for at hente den." - "Det skulle du ikke have gjort, Lise," sagde han, "det er dog for galt at smøre smørret på landevejen og rulle ostene ned ad bjerget." - "Ja, det kunne jeg da virkelig ikke vide, Frits," svarede hun, "det måtte du da have sagt mig."

De spiste nu deres tørre brød. "Du har vel låset ordentligt inden du gik hjemmefra, Lise?" spurgte Frits. "Nej, det skulle du virkelig have sagt mig, lille Frits." - "Så er det bedst, du går hjem og gør det. Tag også noget mad med, så venter jeg på dig her." Lise begav sig på hjemvejen, mens hun tænkte: "Ost og brød smager ham vist ikke rigtig. Det er bedre jeg tager nogle tørrede æbler og noget eddike med." Da hun kom hjem låsede hun den øverste halvdør og tog den nederste på skulderen, fordi hun tænkte, at når døren var i sikkerhed måtte huset vel være godt forvaret. Hun gav sig god tid. "Så kan han jo hvile sig så meget desto længere," tænkte hun. Langt om længe nåede hun ham. "Der kan du se, hvad for en klog kone, du har," sagde hun, "nu kan du selv passe på huset." - "Herregud, hvad er det dog for en kone, jeg har," råbte han, "går hun ikke hen og tager døren af huset, så alle og enhver kan rende derind. Nu er det for sent at gå hjem igen, men du skal sandelig få lov til at slæbe den dør selv." - "Det skal jeg nok, lille Frits," svarede hun, "men æblerne og krukken med eddike er alt for tunge. Jeg hænger det på døren, så kan den bære det."

De gik nu ind i skoven og ledte efter tyvene, men fandt dem ikke, og da det blev mørkt, klatrede de op i et træ for at sove der om natten. Et øjeblik efter kom der et par af den slags fyre, som tager med, hvad der ikke vil følge med, og finder, hvad ingen har tabt. De satte sig lige under træet. Frits lod sig forsigtigt glide ned på den anden side og samlede nogle sten, som han ville slå tyvene ihjel med, men han kunne ikke ramme dem. "Nu er det nok snart morgen," råbte de, "blæsten ryster grankogler ned." Lise sad deroppe med døren på skulderen. Den var så tung, og da hun troede det var æblerne som var skyld deri, sagde hun til Frits: "Jeg bliver nødt til at kaste æblerne ned." - "Det må du ikke," svarede han, "så røber du os jo." - "Jamen, jeg kan ikke holde det ud længere," klynkede hun. "Nå så gør det da i pokkers skind og ben." Æblerne trillede nu ned mellem grenene og tyvene dernede sagde: "Fuglene taber nok noget." Døren blev imidlertid ved at være lige tung og Lise sagde lidt efter: "Jeg bliver nødt til at kaste eddiken ned." - "Det må du ikke," svarede han, "så røber du os jo." - "Jamen, jeg kan ikke holde det ud," sagde hun ynkeligt. "Nå, så gør det da for pokker." Da eddiken dryppede ned på tyvene sagde de: "Duggen falder nok allerede." - "Det skulle da vel ikke være døren, der er så tung," tænkte Lise, da det slet ikke hjalp. "Nu kaster jeg døren ned, Frits." - "Det må du virkelig ikke," svarede han, "du røber os jo." - "Jamen jeg kan slet ikke holde det ud," stønnede hun. "Ja så gør det da i djævelens navn." Det gav et ordentligt brag, da døren faldt ned, og tyvene for forfærdet op. "Det er fanden, der kommer efter os," råbte de og løb af sted af alle livsens kræfter og lod alle deres sager ligge. Da Frits og Lise klatrede ned af træet, fandt de alt deres guld og tog det med sig.

Da de kom hjem, sagde Frits: "Nu må du også være flittig og bestille noget, Lise." - "Ja, det skal jeg nok, lille Frits," svarede hun, "nu går jeg ud på marken og mejer korn." Da hun var kommet derud, tænkte hun: "Skal jeg nu spise, før jeg mejer, eller skal jeg sove, før jeg mejer? Det er vist bedst, jeg spiser først." Da hun havde spist, blev hun søvnig, og da hun begyndte at meje, kom hun halvt i søvne til at skære alle sine klæder itu, forklæde, skørt og særk. Da hun vågnede, lå hun der halvnøgen og kunne slet ikke hitte ud af det. "Er det mig, eller er det ikke mig," sagde hun, "nej, nej, det kan ikke være mig." Imidlertid faldt natten på, og hun løb da hjem, bankede på ruden og råbte: "Halløj, Frits, jeg ville gerne vide, om Lise er hjemme." - "Hun ligger derinde og sover," svarede han. "Nå, så er jeg allerede kommet hjem," tænkte hun og løb videre.

Lidt efter mødte hun nogle fyre, som var ude for at se at finde noget at stjæle. "Skal jeg hjælpe jer?" spurgte hun, og da tyvene tænkte, at hun måtte være kendt der, sagde de ja. Lise gik nu hen og stillede sig op udenfor et hus og råbte: "Halløj, hvad har I. Vi vil gerne stjæle." - "Det går aldrig godt," tænkte tyvene, og ønskede bare, de var af med hende igen. "Kan du gå ud og hente os nogle af de roer, der står henne på præstens mark," spurgte en af dem. Lise gik derud og bukkede sig ned og begyndte at hale roerne op, men hun var så doven, at hun ikke gad rette ryggen. I det samme kom en mand gående forbi. Han blev stående og så på hende og troede, det var fanden selv, som rodede omkring i roerne. Han løb nu af alle kræfter hen til præstegården og råbte: "Hr. pastor, hr. pastor, djævelen roder omkring ude i jeres roer." - "Gud forbarme sig," sagde præsten, "og jeg halter så jeg kan ikke engang gå ud og mane ham bort." - "Så skal jeg tage eder på ryggen," sagde manden og travede af sted med ham. Da de kom ud på marken rejste Lise sig netop. "Det er djævelen, det er djævelen," råbte præsten, og så løb de begge to, og af lutter angst løb præsten meget hurtigere på sit halte ben end manden på sine to raske.




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