FRANÇAIS

Le petit paysan

DEUTSCH

Das Bürle


Il était une fois un village où tous les paysans étaient riches sauf un, qui était surnommé « le petit paysan ». Il n'avait même pas une vache et encore moins l'argent pour en acheter une. Pourtant sa femme et lui auraient tant aimé avoir une vache! Un jour, le petit paysan dit à sa femme: « Écoute, j'ai une bonne idée: notre compère, qui est menuisier, n'a qu'à nous fabriquer un veau en bois et à le peindre en marron, pour qu'il ressemble à tous les autres veaux. Avec le temps, il finira bien par grandir et par devenir une vache. » L'idée plut aussi à sa femme, et le compère menuisier fabriqua le veau: il le rabota, le peignit bien comme il faut, et il le fit de telle sorte qu'il avait la tête baissée comme s'il était en train de brouter.
Lorsqu'on fit sortir les vaches le lendemain matin, le petit paysan fît entrer le vacher chez lui et lui dit:
- Regardez, j'ai un petit veau, là, mais il est encore jeune et il faut le porter.
- C'est bon, répondit le vacher.
Il prit le veau dans ses bras, le porta dans la prairie et le posa dans l'herbe. Le petit veau resta au même endroit comme s'il broutait et le vacher se dit: « Regarde un peu tout ce qu'il mange, celui-là, il pourra bientôt courir tout seul! » Le soir, quand il s'apprêta à ramener tout le troupeau, il dit au veau: « Si tu es capable de rester debout ici et de manger à ta faim, tu dois aussi être capable de marcher sur tes quatre pattes, je n'ai pas envie de te traîner de nouveau pour rentrer. » Le petit paysan, quant à lui, se tenait devant sa porte et attendait son petit veau. Lorsque le vacher traversa tout le village avec le troupeau, le petit paysan vit que son petit veau manquait, et demanda où il était. Le vacher lui répondit:
- Il est toujours là-bas, dehors, en train de manger: il n'a pas voulu s'arrêter et rentrer avec nous.
- Eh, mais il faut que je récupère ma bête!
Ils retournèrent donc ensemble à la prairie, mais entretemps, quelqu'un avait volé le veau et il n'était plus là. Le vacher dit: « Il se sera égaré. » Mais le petit paysan rétorqua: « Ça ne se passera pas comme ça! » Il emmena le vacher chez le maire qui le condamna pour sa négligence, si bien qu'il dut donner une vache au petit paysan pour le dédommager du veau qu'il avait perdu.
Le petit paysan et sa femme possédaient à présent la vache qu'ils avaient tant désirée. Ils se réjouissaient de tout leur cœur, mais ils n'avaient pas de fourrage et ne pouvaient rien lui donner à manger, si bien qu'ils furent bientôt obligés de l'abattre. Ils salèrent la viande et le petit paysan s'en alla à la ville pour vendre la peau et acheter un autre petit veau avec l'argent qu'il en retirerait. En chemin, il passa près d'un moulin sur lequel était perché un corbeau qui avait les ailes cassées. Il en eut pitié, le prit avec lui et l'enveloppa dans la peau de la vache. Mais comme le temps se gâtait et qu'une tempête de pluie et de vent se déchaînait, il lui fut impossible d'aller plus loin. Il entra donc au moulin et demanda l'hospitalité.
La femme du meunier était seule chez elle et dit au petit paysan: « Tiens, allonge-toi là, sur la paille », et elle lui donna un morceau de pain et du fromage. Le petit paysan mangea puis se coucha, sa peau de vache près de lui, pendant que la femme se disait: « En voilà un qui est fatigué et qui va bientôt dormir. » Sur ces entrefaites, le pasteur arriva. Madame la meunière lui fit bon accueil et lui dit: « Mon mari est sorti, nous allons faire bonne chère. » Le petit paysan tendit l'oreille, et quand il entendit parler de faire bonne chère, il se fâcha d'avoir dû se contenter d'un morceau de pain et de fromage. La femme entreprit de mettre le couvert et apporta toutes sortes de plats: un rôti, de la salade, du gâteau et du vin.
Comme ils s'apprêtaient à s'asseoir pour manger, quelqu'un frappa à la porte. La femme dit: « Oh, mon Dieu, c'est mon mari! » Vite, elle cacha le rôti dans le poêle de faïence, le vin sous l'oreiller, la salade sur le lit, le gâteau sous le lit, et le pasteur dans l'armoire du couloir. Puis elle ouvrit à son mari en disant: « Grâce à Dieu, te voilà de retour! Il fait un temps dehors, comme si c'était la fin du monde! » Le meunier vit le petit paysan allongé sur la paille et demanda:
- Qu'est-ce que cet homme-là?
- Ah, répondit la femme, le pauvre bougre est arrivé en pleine tempête, sous la pluie, et a demandé un abri, alors je lui ai donné un morceau de pain et du fromage, et je lui ai dit de s'installer sur la paille.
- Je n'ai rien contre, dit le mari, mais prépare-moi vite quelque chose à manger.
- Mais je n'ai rien d'autre que du pain et du fromage, dit la femme.
- Tout me conviendra, répondit le mari, va pour du pain et du fromage.
Puis il jeta un coup d'œil au petit paysan et l'appela: « Allez, viens manger encore un morceau avec moi. » Le petit paysan ne se le fit pas dire deux fois, se leva et mangea avec le meunier. Après le repas, celui-ci remarqua la peau de vache qui était posée par terre et demanda:
- Qu'est-ce que tu as là?
- J'ai un devin dedans, répondit le petit paysan.
- Est-ce qu'il peut vraiment prédire l'avenir? demanda le meunier.
- Et pourquoi ne le pourrait-il pas? répondit le petit paysan. Mais il ne dit que quatre choses, et la cinquième, il la garde pour lui.
Le meunier fut saisi de curiosité et dit: « Allez, demande- lui de prédire l'avenir. » Le petit paysan pressa alors la tête du corbeau qui fît « croâ, croâ ».
- Qu'est-ce qu'il a dit?
- La première chose qu'il a dite, c'est qu'il y a du vin sous l'oreiller, répondit le petit paysan.
- Ce serait bien le diable! s'écria le meunier.
Il alla voir et trouva le vin.
- Allez, continue, dit le meunier.
Le petit paysan fit croasser le corbeau une nouvelle fois et dit:
- La deuxième chose qu'il a dite, c'est qu'il y a du rôti dans le poêle.
- Ce serait bien le diable! s'écria le meunier.
Il alla voir et trouva le rôti.
Le petit paysan fit parler le corbeau une nouvelle fois et dit:
- Troisièmement, il a dit qu'il y a de la salade sur le lit.
- Ce serait bien le diable! dit le meunier.
Il alla voir et trouva la salade.
Enfin, le petit paysan serra le corbeau encore une nouvelle fois pour le faire croasser et dit:
- La quatrième chose qu'il a dite, c'est qu'il y a du gâteau sous le lit.
- Ce serait bien le diable! s'écria le meunier.
Il alla voir et trouva le gâteau.
Ils s'installèrent alors à table tous les deux, quant à la meunière, prise d'une peur bleue, elle se mit au lit et prit toutes les clés avec elle. Le meunier aurait bien aimé savoir aussi ce qu'était la cinquième chose, mais le petit paysan lui dit: « Commençons par manger tranquillement ces quatre premières choses, car la cinquième est une chose grave. » Ils mangèrent donc, puis ils se mirent à négocier combien le meunier devait donner pour la cinquième prophétie, jusqu'à ce qu'ils tombent enfin d'accord sur trois cents talers. Le petit paysan pressa donc une nouvelle fois la tête du corbeau, qui croassa bien fort. Le meunier demanda:
- Qu'est-ce qu'il a dit?
- Il a dit que dehors, dans le placard du couloir, est caché le diable.
- Le diable doit sortir de là, dit le meunier en ouvrant la porte de la maison.
Sa femme fut bien obligée de lui donner la clé, et le petit paysan ouvrit l'armoire. Le pasteur se précipita alors à l'air libre en courant aussi vite qu'il pouvait, et le meunier dit: « J'ai vu de mes propres yeux le bonhomme tout noir: c'était bien vrai. » Quant au petit paysan, il prit la poudre d'escampette le lendemain matin, à l'aube, avec les trois cents talers.
De retour chez lui, le petit paysan s'installa richement, construisit une jolie maison, si bien que les autres villageois se dirent entre eux: « Il a dû aller là où il tombe de la neige en or et où l'argent se ramasse par boisseaux. » On convoqua le petit paysan devant le maire pour qu'il dise d'où lui venait sa richesse. Il répondit: « J'ai vendu la peau de ma vache en ville pour trois cents talers. » Quand ils entendirent cela, les paysans voulurent profiter eux aussi de cette aubaine; ils rentrèrent chez eux en courant, tuèrent toutes leurs vaches et les écorchèrent pour vendre leur peau en ville et en tirer un grand bénéfice. Le maire dit: « C'est à ma bonne d'y aller la première. » Quand celle-ci arriva en ville chez le marchand, il ne lui donna pas plus de trois talers pour une peau. Et quand tous les autres arrivèrent, il ne leur en donna même pas autant et dit: « Que pourrais-je bien faire de toutes ces peaux? »
À présent, les villageois étaient fâchés que le petit paysan les eût ainsi menés par le bout du nez. Ils voulurent se venger et coururent chez le maire pour l'accuser de tromperie. Le petit paysan innocent fut condamné à mort à l'unanimité et il devait être jeté à l'eau dans un tonneau percé. On conduisit le petit paysan à l'extérieur du village et on lui amena un ecclésiastique qui devait dire une messe pour son âme.
On fit alors s'éloigner tous les autres, et lorsqu'il regarda l'ecclésiastique, le petit paysan reconnut le pasteur qu'il avait vu chez Madame la meunière. Il lui dit alors: « Je vous ai fait sortir de l'armoire, à vous maintenant de me sortir de ce tonneau. » Le berger vint justement à passer avec un troupeau de moutons. Or, le petit paysan savait que le berger voulait depuis longtemps devenir maire. Il se mit alors à crier à pleins poumons: « Non, je ne le ferai pas! Et quand bien même la terre entière le voudrait, non, je ne le ferai pas! » Entendant cela, le berger s'approcha et lui demanda:
- Quelle mouche te pique? Qu'est-ce donc que tu ne veux pas faire?
- Ils veulent me faire maire si je grimpe dans ce tonneau, mais moi, je ne veux pas, répondit le petit paysan.
- Si c'est tout ce qu'il faut faire pour devenir maire, moi, à ta place, je grimperais dedans tout de suite, dit le berger.
- Alors vas-y, et tu deviendras maire, dit le petit paysan.
Cela plut au berger qui grimpa aussitôt dans le tonneau, et
le petit paysan en ferma le couvercle à coups de marteau. Il prit ensuite le troupeau du berger et l'emmena avec lui. Quant au pasteur, il retourna auprès des fidèles et rapporta que la messe pour l'âme du petit paysan était dite. Ils le suivirent donc et poussèrent le tonneau vers l'eau. Quand le tonneau se mit à rouler, le berger se mit à crier: « C'est que j'aimerais bien devenir maire, moi! » Croyant que c'était le petit paysan qui criait ainsi, les villageois lui répondirent: « C'est d'accord, mais il faut d'abord que tu ailles voir un peu ce qui se passe là-bas au fond », et ils poussèrent le tonneau dans l'eau.
Sur ces entrefaites, les villageois rentrèrent chez eux et, en arrivant au village, ils virent venir le petit paysan, tout content et poussant tranquillement un troupeau de moutons devant lui. Étonnés, les villageois lui demandèrent:
- D'où viens-tu, petit paysan? Est-ce que tu es sorti de l'eau?
- Bien sûr, répondit celui-ci. Je suis descendu profond, profond, jusqu'à ce que je sois enfin tout en bas. Alors j'ai défoncé le tonneau et je suis sorti, et j'ai trouvé là de belles prairies où paissaient quantité d'agneaux. C'est de là-bas que j'ai ramené mon troupeau.
- Est-ce qu'il en reste? demandèrent les villageois.
- Oh oui, et plus qu'il ne vous en faut, dit le petit paysan.
Les villageois se mirent alors d'accord pour aller chercher des moutons, eux aussi, et ramener chacun un troupeau. Mais le maire dit: « C'est à moi d'y aller le premier. » Ils se rendirent donc tous ensemble au bord de l'eau, et justement, il y avait à ce moment-là dans le ciel ces petits nuages blancs qu'on appelle des petits moutons et qui se reflétaient dans l'eau. Les villageois s'écrièrent alors: « On voit déjà les moutons qui sont au fond! » Le maire se fraya un passage et dit: « Je vais descendre le premier et aller en reconnaissance. Si c'est bien, je vous appellerai. » Il plongea donc dans l'eau en faisant « plouf ». Les autres crurent qu'il les appelait: « à vous! », et toute la foule se rua en toute hâte à sa suite. Il ne resta donc plus personne au village et le petit paysan, qui était le seul héritier, devint un homme riche.
Es war ein Dorf, darin saßen lauter reiche Bauern und nur ein armer, den nannten sie das Bürle (Bäuerlein). Er hatte nicht einmal eine Kuh und noch weniger Geld, eine zu kaufen und er und seine Frau hätten so gern eine gehabt. Einmal sprach er zu ihr: "Hör, ich habe einen guten Gedanken, da ist unser Gevatter Schreiner, der soll uns ein Kalb aus Holz machen und braun anstreichen, daß es wie ein anderes aussieht, mit der Zeit wirds wohl groß und gibt eine Kuh." Der Frau gefiel das auch, und der Gevatter Schreiner zimmerte und hobelte das Kalb zurecht, strich es an, wie sichs gehörte, und machte es so, daß es den Kopf herabsenkte, als fräße es.

Wie die Kühe des andern Morgens ausgetrieben wurden, rief das Bürle den Hirt herein und sprach: "Seht, da hab ich ein Kälbchen, aber es ist noch klein und muß noch getragen werden." Der Hirt sagte: "Schon gut," nahms in seinen Arm, trugs hinaus auf die Weide und stellte es ins Gras. Das Kälblein blieb da immer stehen wie eins, das frißt, und der Hirt sprach: "Das wird bald selber laufen, guck einer, was es schon frißt!" Abends, als er die Herde wieder heimtreiben wollte, sprach er zu dem Kalb: "Kannst du da stehen und dich satt fressen, so kannst du auch auf deinen vier Beinen gehen, ich mag dich nicht wieder auf dem Arm heimschleppen." Das Bürle stand aber vor der Haustüre und wartete auf sein Kälbchen. Als nun der Kuhhirt durchs Dorf trieb und das Kälbchen fehlte, fragte er danach. Der Hirt antwortete: "Das steht noch immer draußen und frißt, es wollte nicht aufhören und nicht mitgehen." Bürle aber sprach: "Ei was, ich muß mein Vieh wiederhaben." Da gingen sie zusammen nach der Wiese zurück, aber einer hatte das Kalb gestohlen, und es war fort. Sprach der Hirt: "Es wird sich wohl verlaufen haben." Das Bürle aber sagte: "Mir nicht so!" und führte den Hirten vor den Schultheiß, der verdammte ihn für seine Nachlässigkeit, daß er dem Bürle für das entkommene Kalb mußte eine Kuh geben.

Nun hatte das Bürle und seine Frau die lang gewünschte Kuh; sie freuten sich von Herzen, hatten aber kein Futter, und konnten ihr nichts zu fressen geben, also mußte sie bald geschlachtet werden. Das Fleisch salzten sie ein, und das Bürle ging in die Stadt und wollte das Fell dort verkaufen, um für den Erlös ein neues Kälbchen zu bestellen. Unterwegs kam er an eine Mühle, da saß ein Rabe mit gebrochenen Flügeln, den nahm er aus Erbarmen auf und wickelte ihn in das Fell. Weil aber das Wetter so schlecht ward, und Wind und Regen stürmte, konnte er nicht weiter, kehrte in die Mühle ein und bat um Herberge. Die Müllerin war allein zu Haus und sprach zu dem Bürle: "Da leg dich auf die Streu," und gab ihm ein Käsebrot. Das Bürle aß und legte sich nieder, sein Fell neben sich, und die Frau dachte: "Der ist müde und schläft." Indem kam der Pfaff, die Frau Müllerin empfing ihn wohl und sprach: "Mein Mann ist aus, da wollen wir uns traktieren." Bürle horchte auf, und wies von traktieren hörte, ärgerte es sich, daß es mit Käsebrot hätte vorlieb nehmen müssen. Da trug die Frau herbei und trug viererlei auf, Braten, Salat, Kuchen und Wein.

Wie sie sich nun setzten und essen wollten, klopfte es draußen. Sprach die Frau: "Ach Gott, das ist mein Mann!" Geschwind versteckte sie den Braten in die Ofenkachel, den Wein unters Kopfkissen, den Salat aufs Bett, den Kuchen unters Bett und den Pfaff in den Schrank auf dem Hausehrn. Danach machte sie dem Mann auf und sprach: "Gottlob, daß du wieder hier bist! Das ist ein Wetter, als wenn die Welt untergehen sollte!" Der Müller sahs Bürle auf dem Streu liegen und fragte: "Was will der Kerl da?" - "Ach," sagte die Frau, "der arme Schelm kam in dem Sturm und Regen und bat um ein Obdach, da hab ich ihm ein Käsebrot gegeben und ihm die Streu angewiesen." Sprach der Mann: "Ich habe nichts dagegen, aber schaff mir bald etwas zu essen." Die Frau sagte: "Ich habe aber nichts als Käsebrot." - "Ich bin mit allem zufrieden," antwortete der Mann, "meinetwegen mit Käsebrot," sah das Bürle an und rief: "komm und iß noch einmal mit." Bürle ließ sich das nicht zweimal sagen, stand auf und aß mit. Danach sah der Müller das Fell auf der Erde liegen, in dem der Rabe steckte, und fragte: "Was hast du da?" Antwortete das Bürle: "Da hab ich einen Wahrsager drin." - "Kann der mir auch wahrsagen?" sprach der Müller.

"Warum nicht?" antwortete das Bürle, "er sagt aber nur vier Dinge, und das fünfte behält er bei sich." Der Müller war neugierig und sprach: "Laß ihn einmal wahrsagen." Da drückte Bürle dem Raben auf den Kopf, daß er quakte und "krr krr" machte. Sprach der Müller: "Was hat er gesagt?" Bürle antwortete: "Erstens hat er gesagt, es steckte Wein unterm Kopfkissen." - "Das wäre des Kuckucks!" rief der Müller, ging hin und fand den Wein. "Nun weiter," sprach der Müller. Das Bürle ließ den Raben wieder quaksen und sprach: "Zweitens, hat er gesagt, wäre Braten in der Ofenkachel." - "Das wäre des Kuckucks!" rief der Müller, ging hin und fand den Braten. Bürle ließ den Raben noch mehr weissagen und sprach: "Drittens, hat er gesagt, wäre Salat auf dem Bett." - "Das wäre des Kuckucks!" rief der Müller, ging hin und fand den Salat. Endlich drückte das Bürle den Raben noch einmal, daß er knurrte, und sprach: "Viertens, hat er gesagt, wäre Kuchen unterm Bett." - "Das wäre des Kuckucks!" rief der Müller, ging hin und fand den Kuchen.

Nun setzten sich die zwei zusammen an den Tisch, die Müllerin aber kriegte Todesängste, legte sich ins Bett und nahm alle Schlüssel zu sich. Der Müller hätte auch gern das fünfte gewußt, aber Bürle sprach: "Erst wollen wir die vier andern Dinge ruhig essen, denn das fünfte ist etwas Schlimmes." So aßen sie, und danach ward gehandelt, wieviel der Müller für die fünfte Wahrsagung geben sollte, bis sie um dreihundert Taler einig wurden. Da drückte das Bürle dem Raben noch einmal an den Kopf, daß er laut quakte. Fragte der Müller: "Was hat er gesagt?" Antwortete das Bürle: "Er hat gesagt, draußen im Schrank auf dem Hausehrn, da steckte der Teufel." Sprach der Müller: "Der Teufel muß hinaus," und sperrte die Haustür auf, die Frau aber mußte den Schlüssel hergeben, und Bürle schloß den Schrank auf. Da lief der Pfaff, was er konnte, hinaus, und der Müller sprach: "Ich habe den schwarzen Kerl mit meinen Augen gesehen: es war richtig." Bürle aber machte sich am andern Morgen in der Dämmerung mit den dreihundert Talern aus dem Staub.

Daheim tat sich das Bürle allgemach auf, baute ein hübsches Haus, und die Bauern sprachen: "Das Bürle ist gewiß gewesen, wo der goldene Schnee fällt und man das Geld mit Scheffeln heim trägt." Da ward Bürle vor den Schultheiß gefordert, es sollte sagen, woher sein Reichtum käme. Antwortete es: "Ich habe mein Kuhfell in der Stadt für dreihundert Taler verkauft." Als die Bauern das hörten, wollten sie auch den großen Vorteil genießen, liefen heim, schlugen all ihre Kühe tot und zogen die Felle ab, um sie in der Stadt mit dem großen Gewinn zu verkaufen. Der Schultheiß sprach: "Meine Magd muß aber vorangehen." Als diese zum Kaufmann in die Stadt kam, gab er ihr nicht mehr als drei Taler für ein Fell; und als die übrigen kamen, gab er ihnen nicht einmal soviel und sprach: "Was soll ich mit all den Häuten anfangen?'

Nun ärgerten sich die Bauern, daß sie vom Bürle hinters Licht geführt waren, wollten Rache an ihm nehmen und verklagten es wegen des Betrugs bei dem Schultheiß. Das unschuldige Bürle ward einstimmig zum Tod verurteilt, und sollte in einem durchlöcherten Faß ins Wasser gerollt werden. Bürle ward hinausgeführt und ein Geistlicher gebracht, der ihm eine Seelenmesse lesen sollte. Die andern mußten sich alle entfernen, und wie das Bürle den Geistlichen anblickte, so erkannte es den Pfaffen, der bei der Frau Müllerin gewesen war. Sprach es zu ihm: "Ich hab Euch aus dem Schrank befreit, befreit mich aus dem Faß." Nun trieb gerade der Schäfer mit einer Herde Schafe daher, von dem das Bürle wußte, daß er längst gerne Schultheiß geworden wäre, da schrie es aus allen Kräften: "Nein, ich tus nicht! Und wenns die ganze Welt haben wollte, nein, ich tus nicht!" Der Schäfer, der das hörte, kam herbei und fragte: "Was hast du vor? Was willst du nicht tun?" Bürle sprach: "Da wollen sie mich zum Schultheiß machen, wenn ich mich in das F aß setze, aber ich tus nicht." Der Schäfer sagte: "Wenns weiter nichts ist, um Schultheiß zu werden, wollte ich mich gleich in das Faß setzen." Bürle sprach: "Willst du dich hineinsetzen, so wirst du auch Schultheiß." Der Schäfer wars zufrieden, setzte sich hinein, und das Bürle schlug den Deckel drauf; dann nahm es die Herde des Schäfers für sich und trieb sie fort. Der Pfaff aber ging zur Gemeinde und sagte, die Seelenmesse wäre gelesen. Da kamen sie und rollten das Faß nach dem Wasser hin. Als das Faß zu rollen anfing, rief der Schäfer: "Ich will ja gerne Schultheiß werden." Sie glaubten nicht anders, als das Bürle schrie so, und sprachen: "Das meinen wir auch, aber erst sollst du dich da unten umsehen," und rollten das Faß ins Wasser hinein.

Darauf gingen die Bauern heim, und wie sie ins Dorf kamen, so kam auch das Bürle daher, trieb eine Herde Schafe ruhig ein und war ganz zufrieden. Da erstaunten die Bauern und sprachen: "Bürle, wo kommst du her? Kommst du aus dem Wasser?" - "Freilich," antwortete das Bürle, "ich bin versunken tief, tief, bis ich endlich auf den Grund kam: ich stieß dem Faß den Boden aus und kroch hervor, da waren schöne Wiesen, auf denen viele Lämmer weideten, davon bracht ich mir die Herde mit." Sprachen die Bauern "sind noch mehr da?" - "O ja," sagte das Bürle, "mehr, als ihr brauchen könnt." Da verabredeten sich die Bauern, daß sie sich auch Schafe holen wollten, jeder eine Herde; der Schultheiß aber sagte: "Ich komme zuerst." Nun gingen sie zusammen zum Wasser, da standen gerade am blauen Himmel kleine Flockwolken, die man Lämmerchen nennt, die spiegelten sich im Wasser ab, da riefen die Bauern: "Wir sehen schon die Schafe unten auf dem Grund." Der Schulz drängte sich hervor und sagte: "Nun will ich zuerst hinunter und mich umsehen; wenns gut ist, will ich euch rufen." Da sprang er hinein, "plump" klang es im Wasser. Sie meinten nicht anders, als er riefe ihnen zu "kommt!" und der ganze Haufe stürzte in einer Hast hinter ihm drein. Da war das Dorf ausgestorben, und Bürle als der einzige Erbe ward ein reicher Mann.




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